Il existe quand on est amoureux, un espace infini entre le cœur et la raison, qui vous permet d’accomplir les plus belles choses de la vie.

Sans même sans rendre compte on est porté par une force et une énergie qui d’où qu’elle vienne nous donne l’impression d’être invincible. Sans même s’en rendre compte on affronte tous ces petits tracas du quotidien qui peuvent lorsqu’on est seul rendre la vie plus compliquée. Sans même s’en rendre compte on oublie ce que c’est que de fonctionner pour un puisqu’on veux tout faire à deux. Sans même s’en rendre compte les pires épreuves de la vie deviennent de simples dates qu’on essaie d’oublier au profit de meilleurs moments.

En ce qui me concerne je peux assurer avoir vécu au milieu de cet espace pendant très longtemps. Une simple parole de sa part pouvait effacer une mauvaise journée, un regard furtif me donnait du courage, un baiser pouvait me donner la force d’affronter n’importe quelle douleur. Pourvu qu’il soit là à côté de moi, les maux du quotidien comme ceux du corps n’avaient plus voix au chapitre. Je n’ai pas toujours été la plus douce et il n’a pas toujours été le plus attentionné, je n’ai pas toujours été la plus jolie et il n’a pas toujours été le plus sincère mais j’aimais ce qu’on avait parce que ca me rendait meilleure et lui aussi.

J’ai 20 ans, je sors in extrémis d’une grave maladie osseuse où j’aurai pu perdre ma jambe au mieux, ne plus marcher tout court avec de la chance, ne plus être la si on écoutait les statistiques. Mais tu étais la pour moi et tu m’as donné envie de me battre et de ne pas céder à la morosité tout en regardant l’horizon avec toi. Je me suis réveillée chaque matin avec l’envie de te voir à mes côtés et t’entendre me parler. La maladie n’a plus jamais été dans ma tête.
J’ai 31 ans, je sors d’une opération chirurgicale banale et au réveil mes premiers mots sont pour toi « tu n’es pas la. et quand on me ramènera dans ma chambre tu ne seras pas la non plus. Tu n’es pas la parce que tu m’a trompé. ». Je panique, je m’arrache les fils et les perfs, je perds connaissance, je me reveille et ca recommence. Il aura fallu des doses de médicaments, encore et encore pour me calmer. Mais rien n’y fait. Mon corps a pris le relais et si j’arrive a marcher dehors, manger un morceau ou ouvrir mes mails, j’ai mal tous les jours.

Il existe quand on a le cœur brisé, un espace infini entre la tristesse et la douleur, qui vous fait abandonner tout espoir de pouvoir simplement avancer à nouveau.

On se rend compte que respirer est douloureux privé de son odeur. On se rend compte que les espoirs et les projets d’avenir sont remplacés par des sentiments plus sombres et on finit par réaliser que les émotions les plus dures ne sont en fait qu’un infime morceau de ce qui nous attend pour le restant des jours, semaines, mois et années à venir. On se rend compte que la vie qui était si douce n’a désormais qu’un goût de tristesse interminable, et qu’il faudra plus que du courage et des paroles réconfortantes pour apprécier les choses simples que l’on faisait si bien à deux.